La Floride, cette Normandie des Canadiens

2 Apr 2014

Au Canada, l’hiver canadien est froid, long et rigoureux. Ce n’est une surprise pour personne et même si les clichés ont parfois la vie dure, il faut leur reconnaître une petite part de vérité. Dans ce froid polaire, le manque de soleil est parfois réel et peut influer sur notre caractère ou notre comportement. Et où trouver cette vitamine D indispensable au coeur de l’hiver ? Direction la Floride!.

Miami, Orlando ou les Keys, sont un peu les Deauville, Honfleur ou Cabourg des Canadiens. Des destinations facilement accessibles, suffisamment reposantes et dépaysantes pour y passer quelques jours sans difficultés majeures. Lorsque les parisiens vont prendre une bonne dose d’iode et de nature sauvage sur la côte normande, les canadiens – en particulier les habitants des provinces de l’est – prennent l’avion en direction du sud. A tel point que le Canada dispose même d’un consulat général à Miami.

Pourquoi un tel engouement ? Évidemment, l’héliotropisme joue un rôle fondamental, mais au-delà du facteur soleil, la Floride reste un état où beaucoup de Canadiens investissent dans la pierre, souvent en co-propriété et en temps-partagé, en l’occurrence dans des condos, sorte d’immenses tours impersonnelles de verre et d’acier qui fleurissent le long des plages de sable fin de Floride. En l’absence d’une vraie compagnie aérienne low-cost, type Ryanair ou Easy Jet en Europe, il existe tout de même des offres promotionnelles récurrentes dont Air Canada s’enorgueillit régulièrement sur son site internet, autour de 400 dollars aller-retour.

Alors, épiphénomène hivernal réservé aux retraités aisés ? Oui… et non. Avec le développement du travail à distance, il n’est pas rare de voir des personnes fuir l’hiver et s’installer trois mois en Floride tout en continuant à travailler comme d’habitude. Les nouvelles technologies ont, sans doute, facilité cet exode hivernal vers des contrées plus chaudes.

Tandis que les parisiens vont décompresser et se ressourcer en Normandie, qui reste une destination qui jouit encore d’une image haut de gamme avec ses grands hôtels, casinos et résidences secondaires malgré ses plages à l’eau glaciale, la Floride deviendrait-elle le pays du tourisme de masse ? Évidemment, ce n’est pas le cas vu de France, où de nombreux compatriotes hexogonaux rêveraient de venir en Floride. Mais qu’en est-il pour les Canadiens ? C’est une destination facile d’accès, relativement accessible, où la langue n’est pas un obstacle et où de nombreux canadiens se retrouvent. Je ne peux m’empêcher de faire le parallèle avec des pays comme le Maroc ou la Tunisie. Vu du Canada, ce sont des destinations lointaines, dépaysantes et magiques. Vu de France, c’est hélas, trop souvent l’image des pays des clubs de vacances tout compris à prix cassés où l’on reste parqué entre cours d’aquagym et terrain de tennis, en limitant les contacts avec la population locale.

Ce qui est intéressant c’est de constater que l’image d’un pays ou d’une région varie selon le contexte socio-culturel local. Alors que la Floride m’apparaissait comme un paradis perdu, vaguement inaccessible et à faire une fois dans sa vie au même titre que les Maldives ou les Seychelles, le fait de voir et de côtoyer de nombreux canadiens qui vont dans cette péninsule américaine la transforment peu à peu en usine à touristes étrangement moins séduisante.

Là où la Normandie cultive son image chic, la Floride cherche sa place entre tourisme de masse et pépite d’exception. Les canadiens y vont-ils pour explorer les Everglades, visiter le musée Salvador Dali, découvrir une orangeraie traditionnelle, voir le célèbre centre spatial ou restent-ils dans un condo climatisé coincé entre piscine et plage ? Au même titre que les français qui se déversent par Charter entier sur les côtes méditerannéenne de Tunisie ou du Maroc, les expériences touristiques vécues, et donc l’image que l’on fait, restent une question de perception personnelle.

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