Le Français de base

24 Mar 2014

Sous cette dénomination dont le nom chante à nos oreilles comme une douce mélodie empreinte de saveurs de lavande, se cache en réalité l’être le plus perfide, le plus égocentrique et le plus insupportable du monde. Depuis notre décision de partir s’installer au Canada, on nous a maintes fois mis en garde et informé sur cette espèce mutante qui ferait des ravages chez nos concitoyens. Étrangement, cette notion émane souvent de la bouche de nos compatriotes expatriés qui ont parfois, je trouve, une relation très ambiguë avec leur pays natif et ses habitants. Avant d’aller plus loin, et après un intense travail de recherche et d’analyse, voici ce qui semblerait faire partie des lots communs du français de base vu des expatriés :

  • il est râleur, jamais content et passe son temps à tout critiquer
  • il est incapable de s’adapter aux situations nouvelles
  • il a un niveau d’anglais déplorable et s’étonne de ne jamais être compris
  • il passe son temps à comparer tout et tout le monde
  • il est persuadé de tout connaître mieux que tout le monde
  • et enfin, il ne peut pas s’empêcher d’avoir un comportement hautain ou condescendant avec les autres français, voire totalement dédaigneux avec les autochtones (le terme est ici utilisé dans son sens littéral, désignant les habitants d’un pays).

Sympa, hein ?

Bon, pour être franc, on est ici en plein dans la caricature, évidemment, et c’est ce qui est dérangeant.De mon point de vue, les français de base pour les français de l’étranger c’est un peu la France d’en haut contre la France d’en bas. Le miroir de la société française à deux vitesses qui honnit l’échec et exècre la réussite bien pensante. Il y a d’un côté, ceux pour qui tout réussit. C’est à dire ceux qui sont partis à l’étranger, qui ont quitté la France, ce pays invivable, morose, englué dans une crise sociale et économique. Et ceux qui ne réussiront jamais et qui sont scotchés dans une inertie paralysante d’une petite vie tranquille qui se répète en continu. C’est fou comme le prisme de vue change quand on est loin, pas vrai ?

La vérité est évidemment bien différente, et vous comprendrez bien que je suis parfois effaré de constater comment ces français expatriés parlent de l’hexagone et de ses habitants, à grand coup de clichés et d’analyses dignes du café du commerce. Quitter la France pour partir vivre à l’étranger n’est pas toujours un signe de promotion sociale donnant automatiquement un statut exceptionnel à l’expatrié.

Alors, évidemment, dans ce genre de situation à l’analyse empirique peu fiable, personne n’a totalement tort, ni totalement raison. Lorsque l’on part vivre à l’étranger, il y a des règles de base à respecter qui sont parfois (souvent) oubliées par les français en goguette :

  • s’intéresser à la culture et l’histoire du pays
  • savoir poser les bonnes questions et échanger avec des autochtones
  • se mettre en retrait et être plus en situation d’écoute que de parole
  • faire un effort pour parler la langue du pays
  • ne pas rester uniquement entre français mais faire l’effort d’élargir son groupe de connaissances
    s’investir dans des causes/associations/projets locaux pour mieux s’intégrer et comprendre la société dans laquelle on évolue

L’intégration dans un nouveau pays et une nouvelle culture est un travail d’équilibriste. On est en permanence en train d’adapter son comportement (verbal et non verbal par ailleurs) à des situations nouvelles. Et le plus difficile, reste de croire qu’après des mois, voire des années passées à l’étranger, on est totalement intégré et on peut relâcher nos efforts… on se transforme alors en français de base sans s’en rendre compte, celui là même qui critique justement les autres avec une complaisance et un dédain peu digne d’un français d’en haut !

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